jeudi 5 juin 2008
La paresse et la luxure

© 20 mai 2007
De la paresse on dit mais est-ce bien justice
Qu’elle serait sans doute mère de tous les vices
Mais si je me bagarre contre la médisance
Pour la paresse j’ai beaucoup plus d’indulgence.
Car qu’y a-t-il enfin de si répréhensible
Si l’on n’abuse pas de se laisser aller
Aux langueurs du farniente en ôtant les fusibles
Et de savoir parfois de tout se reposer.
Qu’y a-t-il de méchant à bailler aux corneilles
A rester allongé le nez rivé au ciel
A rêver de vacances au lieu de travailler
La paresse me semble un bien bénin péché.
La luxure est un autre des péchés capitaux
Dont on nous met en garde à grand renfort de mots
Il faudrait se marier pour faire des enfants
Mais surtout ne jamais prendre plaisir pendant.
De la luxure on a fait une immonde bête
Se gavant des plaisirs de la trop faible chair
Mais dans le creux d’un lit en un doux tête à tête
Rien ne fait plus de bien que s’envoyer en l’air.
J’aime assez la luxure elle me parait saine
Et tant qu’on fait l’amour il n’y a pas de haines
Aussi je ne saurais vous donner qu’un conseil
Usez de ce péché car il est bien véniel.
lundi 26 mai 2008
La femme à cinquante ans

© 6 septembre 2006
La femme à cinquante ans que l’on dit le bel âge
N’a plus guère de chance de l’amour rencontrer
Car même si elle a encore quelque beauté
Le chiffre fatidique fait fuir son entourage.
Un homme du même âge sera considéré
Comme paré des charmes de la maturité
Mais d’elle l’on dira et pour la consoler
Que de beaux restes elle a qu’elle est bien conservée.
Son corps bien sûr a pris quelques rides au temps
Ses seins au ciel dressés sont devenus pesants
Mais son corps sait toujours s’émouvoir aux caresses
Elle sait l’amour sur le bout de la tendresse.
Elle a abandonné ses tabous en chemin
Loin de la fleur fanée elle est fleur épanouie
Elle connaît de son corps tous les déliés et plein
Et sait bien l’important des choses de la vie.
Du corps de son amant elle sait soigner les maux
Ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse
Mais lui préfère courir derrière quelque jeunesse
Et cueillir des fruits verts flatteurs pour son ego.
Que doit donc faire la femme qui ayant cinquante ans
Se sent en pleine forme ni fatiguée ni vieille
Doit-elle comme les hommes chercher un jeune amant
Ou s’enterrer déjà au jardin du sommeil ?
Je crois qu’elle ne doit pas se laisser désarmer
Et afficher ses charmes en totale fierté
Et au coin d’une rue un jour sans crier gare
L’amour la surprendra dans le bleu d’un regard.
dimanche 27 avril 2008
Après l'amour
© 29 avril 2006
*
Après l’amour certains fument une cigarette
D’autres moins romantiques filent sous la douchette
D’autres pris de fringale se ruent vers les fourneaux
Mitonner un encas arrosé d’un Bordeaux.
Après l’amour certains tous de spleen envahis
Mettent leur pyjama et s’endorment abrutis
Ils vous tournent le dos et sans reconnaissance
Leur plaisir assouvi ont besoin de silence.
Après l’amour certains n’ont pas honte parfois
D’oser vous demander «heureux mon petit rat ? »
D’autres enfin s’imaginent sans la moindre pudeur
Qu’ils ont accompli leur devoir avec ferveur.
Après l’amour enfin d’autres plus tendrement
Vous prennent dans leurs bras comme un petit enfant
Vous disent leur bonheur du plaisir consommé
Qu’ils vous aiment et sont fiers d’être par vous aimés.
samedi 29 mars 2008
Cupidon
Humour, quand tu nous tiens tu devrais nous garder,
Nous conserver le temps où en toute innocence,
On badinait joyeux sans question se poser,
Le cœur léger et calme et le corps en absence.
Mais voilà Cupidon le dernier des salauds,
Un beau jour se réveille et te décoche un trait.
Te voilà embarqué dans de troublantes eaux,
Et tu ne sais plus rire tout devient compliqué.
Tu te dis « ce gars-là il a des qualités »,
Non non pas Cupidon mais le gars rencontré.
Et toi un peu naïve tu te prends à rêver
Et si tu le lui dis il part tel un furet.
Pour fuir très loin de toi parce que tu lui fais peur,
Point de chaînes ne veut alors toi tu te dis,
D’accord j’ai fait un flop j’ai perdu c’est tant pis
Et tu refermes alors la porte de ton cœur.
Il n’y a pas péril il n’y a pas mort d’homme,
Juste deux petits coeurs ne s’étant pas compris.
Cupidon n’a alors qu’à retourner chez lui
Et Eve sans Adam croquer toutes ses pommes.




























