lundi 28 juillet 2008
Lorsque la mer est grise

Peinture réalisée par mon ami Yanperjos - http://zyeuter.com/Yanperjos
Copyright poème 26 juillet 2008
Lorsque la mer est grise et absent le soleil
Elle est belle pourtant apaisée ou fougueuse
Elle a mis pour un temps sa robe nuageuse
Pour mieux nous revenir parée de bleu pastel.
Lorsque la mer est grise et le ciel bas et lourd
Je pense à ces marins disparus dans les flots
Je pense à ces épaves qui furent fiers bateaux
Aux pleurs des femmes qui ont perdu leur amour.
Mais je sais que demain elle changera encore
Et perdra pour un temps son triste habit de plomb
Au-dessus de ses vagues les mouettes danseront
Jusqu’à ce que le ciel au soir se couvre d’or.
mercredi 9 juillet 2008
La petite barque

Merci à Sylvain Ceri de m'avoir prêté cette image qui convient très bien à mon poème.
© 5 mai 2006
Sur le bord de la plage une barque est posée
Invitant au voyage et à prendre les rames,
Peut-être que demain un homme et une femme
La prendront quelques heures pour aller naviguer.
Ils ne se diront rien mais se regarderont
Et sauront de concert savourer la nature
Le crépuscule tombant sera comme une armure
Qui les protègera d'un monde en dérision.
Et ils n'attacheront d'importance qu'à eux,
A l'ambiance sereine de cet instant béni.
Ils entendront un chant que seuls les amoureux
Perçoivent dans leur coeur tout d'amour envahi.
Ils seront là heureux tous seuls sur l'océan
Bercés au creux des vagues les yeux perdus au loin
La mer quoi que l'on fasse tout doucement vous prend
Vous envoûte et à vie dans ses grands bras vous tient.
dimanche 6 juillet 2008
Le lion
© 4 Mai 1978
Dans la jungle assoupie où nul écho n'éveille
Attentif à tout bruit un lion est là couché.
Fauve majestueux à la fourrure dorée
Guettant sa proie du jour en feignant le sommeil.
Dès qu’un bruit jaillira dans les herbes brûlées
Il sortira de l’ombre et sans cesse à l’affût
Rampant tel un reptile il ira vers son but
Egorgeant sa victime avec un cri guerrier.
Repu ivre de tout allongé au soleil
Il dormira ensuite calme et inoffensif
Mais demain à nouveau sa faim piquée à vif
Il recommencera à traquer sans appel.
Au soir près de sa lionne détendu assoupi,
Il goûtera les joies des jeux de ses petits
Rien ne subsistera alors du carnassier
Et du cruel instinct qui le pousse à chasser.
C’est la loi de la jungle et honneur au plus fort,
Le faible sans recours est toujours le vaincu.
Le lion est roi de tous, on le craint, on l’honore
Et de toute la jungle il restera l’élu.
samedi 5 juillet 2008
La vache triste

© 31 mars 2006
Qu’est-ce que je fais ici se dit-elle parfois ?
A quoi puis-je servir qui a besoin de moi ?
Les journées passent vite au rythme des saisons
Et moi je reste là à brouter mon gazon.
De temps à autre aussi je regarde passer
Les voitures et les trains charmante distraction
Puis les corbeaux qui volent au-dessus des maisons
Mais Dieu que je m’ennuie à ne faire que brouter.
Quand c’est l’heure de la traite on me rentre à l’étable
Et alors je ne vois plus rien qu’un grand mur lisse.
Parfois je suis flattée d’une claque amicale
Sur les fesses ou le dos mais je suis au supplice.
Je déprime à tout va je ne sais plus quoi faire,
Je voudrais moi aussi rien qu’une fois par jour,
Qu’on me voit qu’on m’écoute je voudrais aussi plaire
Et être câlinée et entourée d’amour.
Mais je suis condamnée à traîner dans les champs,
Et à brouter cette herbe à longueur de journée,
Parfois un peu d’alpage me change de contrée
Mais je reste quand même un pauvre ruminant.
Ah comme je voudrais que l’on joue avec moi,
Et qu’on brosse mon poil et qu’on lustre mon cuir
Qu’on ait pour les bovins le respect que l’on doit
A toute créature qui vit et qui respire.
Voilà j’ai exprimé le fond de ma tristesse,
Et j’espère maintenant qu’au détour des chemins
Quand vous me croiserez moi la vache en détresse
Vous aurez pour nous toutes un regard plus humain.
vendredi 27 juin 2008
Inde magique

© 9 octobre 2006
Quand j’ai découvert l’Inde j’ai vu tant de beauté
Que mon cœur a vibré à ses ondes magiques.
Mais j’ai aussi perçu ce qu’elle a de tragique
En contraste j’ai vu sa grande pauvreté.
Entre les beaux palais vestiges d’un passé
Glorieux et inspiré de l’art le plus subtil
Et les pauvres vivant au fond des bidonvilles
Il y a un fossé qui m’a désespérée.
Quand la brume qui flotte sur les rives du Gange
Baignant Varanasi de sa lourde moiteur
Daigne se disperser pour montrer tes couleurs
Tu montres ta lumière et ton charme est étrange.
Ta vie grouillante avance au rythme des sitars
Elle est exubérance et aussi traditions
On passe de l’odeur âcres des crémations
Aux doux parfums musqués venant de Malabar.
Ton grand fleuve sacré accueille en ses eaux troubles
Les ablutions du jour ou les eaux de vaisselle
Les lessives au savon et les déchets qui croulent
Tout semble se mêler en touches naturelles.
J’ai vu passer parfois en habits riches et blancs
Des gens de hautes castes alors que des mendiants
Quêtent pour obtenir un morceau à manger
Ta misère est si grande qu’elle voile ta beauté.
Mais malgré ces contrastes qui me touchent au cœur
Je sais que ma mémoire ne pourra effacer
Le souvenir vibrant que tu as su laisser
Par ta beauté qui va avec tant de douleur.
vendredi 13 juin 2008
Il suffirait de presque rien...

Copyright 7 novembre 2006
*
Il suffirait de presque rien,
Peut-être dix années de moins
Pour qu’on dise ça vaut la peine
La peine de chercher encore
A construire un nouveau décor
Et dire à un homme je t’aime.
Lorsque l’on a juste vingt ans
On ne mesure pas le temps
Il n’a pour nous nulle importance.
Notre corps est dans sa splendeur
Et l’on ne connaît pas la peur
Tout pour nous semble une évidence.
Après viennent les trente années
Les joies de la maternité
Et notre corps prend sa mesure.
On plait aux hommes et on le sait
Mais comme on est souvent mariée
On ne tente pas l’aventure.
A quarante ans les femmes sont
Dans la plénitude dit-on
Epanouies et désirables.
Elles ont un corps qui peut donner
Le change à bien des mignonnes et
Elles ont la beauté du diable.
Mais quand sonnent dix ans de plus
La peur en elles s’insinue
Et souvent fuite elles préfèrent
Craignant qu’un homme de leur âge
Ne soit effrayé des outrages
Du temps sur leur corps en jachère.
Pourquoi faut-il que soient jugées
Les femmes sur la seule beauté
Quand le cœur est si important ?
Les mâles ont-ils si peu de tête
Qu’ils préfèrent une midinette
A une femme tout simplement ?
Il suffirait de presque rien
Peut-être dix années de moins
Pour que je reparte à la guerre
Mais à présent je ne veux plus
Mettre mon cœur fragile à nu
Je préfère vivre en solitaire.
mardi 10 juin 2008
La ronde des baisers

© 23 janvier 2008
Le baiser sur le font d’un tout petit enfant
Lui dit combien on l’aime et qu’on est là pour lui
Le baiser déposé sur de beaux cheveux blancs
Montre notre respect à nos chers grands parents.
Le baiser sur la paume d’une belle promise
A la délicatesse d’une fleur au printemps
Le baiser dans le cou est déjà convoitise
La belle en est émue son trouble est évident.
Le baiser doux du vent sur les épis l’été
Les ploie sous sa caresse sans jamais les briser
Celui du vent d’automne fougueux et courroucé
Fait tomber à nos pieds les feuilles arrachées.
Le baiser de la neige qui tombe doucement
Est comme une aile d’ange aussi subtil qu’un rêve
Et celui de l’embrun que renvoie l’océan
Aussi fin que le sable qui s’étend sur la grève.
Le baiser de l’amant à sa tendre complice
Peut être tout tendresse ou morsure désir
Il peut être douceur ou bien feu d’artifice
A mesure que grandit l’échelle du plaisir.
Le baiser de la vague qui vient lécher la plage
Est souvent silencieux à peine un clapotis
Mais celui de la houle est un baiser de rage
Il fouette les rochers et il hurle à grands cris.
Le baiser de judas laisse le cœur bien lourd
C’est celui de l’ami qui un jour vous trahit
Il est laid et ne doit générer que mépris
Le plus beau des baisers est celui de l’amour.
samedi 7 juin 2008
Foutue pluie

Foutue pluie infinie
Foutu ciel arc en ciel
Je voudrais me dorer
Au soleil sous les blés.
Me vautrer sur la plage
Renvoyer les nuages
Voir le vert et le bleu
Et pas que dans tes yeux.
Les fleurettes ces pauvrettes
Ont le col qui décolle
Elles penchent leur têtes
Sous la pluie en rigole.
Elles s’affalent toutes pâles
Délavées par l’ondée
Et le vent en rafale
Va bientôt les coucher.
Ces pluies ce goutte à goutte
Bien trop souvent nous coûtent
Un moral delavé
L’envie de retourner
Dans les draps nous cacher
Pour toute la journée
Jusqu’à ce que le ciel
Nous revoie le soleil.
© juin 2006
lundi 2 juin 2008
Chat

© 10 mars 2005
Tapi dans un buisson tu peux rester fébrile,
A surveiller guetter la plus petite proie,
Prêt à bondir soudain d’une détente habile
Vers celui-là ou celle qui ne se méfie pas.
Tes yeux d’or entrouverts on peut te croire ailleurs,
T’imaginer bien loin au doux pays des rêves…
Mais ce n’est qu’apparence mon beau matou pour l’heure
N’est que concentration les sens en grande fièvre.
Quand tu seras lassé du jeu que tu adores,
Abandonné alors aux doux rayons de Râ
Tu fermeras les yeux relâcheras ton corps,
Pour enfin t’endormir et rêver mais à quoi ?
Peut-être à des oiseaux peut-être à des souris,
A des chasses grandioses dont tu seras le roi,
Ou bien à des odeurs de fleurs et de sous-bois,
Que le vent porte au loin au gré de son envie.
Toi chat majestueux si beau en ton pelage,
Si tendre et doux parfois à mes doigts caressants,
Je te comprends si bien je t’aime tellement,
Que je ne pourrais vivre sans ton tendre entourage.
jeudi 15 mai 2008
Mes petits bonheurs

Copyright 11 avril 2006
Le soleil au matin quand j’ouvre mes volets
Le chant d’un rossignol caché dans un sous bois
L’odeur de mon café savamment préparé
Sont des petits bonheurs que je goûte avec joie.
Le bonjour du voisin que je croise un instant
Le signe d’une amie qui soudain téléphone
La caresse frôlée de mon chat qui ronronne
Sont des petits bonheurs qui me sont importants.
Le sourire des passants qui dans la rue se pressent
Une musique douce qui me surprend parfois
L’odeur du bon pain chaud que je tiens sous mon bras
Sont des petits bonheurs qui dans la joie me laissent.
Le bruit d’une fontaine qui déferle son eau
Les étals du marché dressés tout près de là
Les senteurs des légumes et des fruits à gogo
Sont des petits bonheurs qui ne me lassent pas.
Le bruit du vent d’été dans les fleurs de prairie
Et la mer démontée qui aux rochers se brise
La montagne aux aurores dans sa pure harmonie
Sont des petits bonheurs que j’aime et qui me grisent.
























