A fleur de peau

Blog pluriel regroupant des poésies de type assez académique et des albums photographiques.

lundi 25 août 2008

Petit ours

Petit_ours

© 9 septembre 2002

Encore tout revêtu de son duvet laineux,

Petit ours trottait insouciant et pataud.

Son derrière alourdi rebondissait si haut,

Qu’il partait en roulades et en faisait un jeu.

Maman ours, attendrie regardait son petit,

Songeuse, émerveillée, et puis inquiète aussi.

« C’est vrai qu’il est mignon ne se soucie de rien,

mais que deviendra t’il si un chasseur m’atteint ?

Puis la neige est venue engourdissant la vie

Et chacun dans sa grotte est allé s’endormir.

Petit ours a grandi et au printemps suivant

Il n’était plus le même il n’était plus enfant.

Il lui fallut apprendre l’école de la vie,

Apprendre à se nourrir et apprendre à lutter,

De cet enseignement dépendait sa survie

Car maman un beau jour ne pourrait plus l’aider.

Il y fut attentif il s’entraîna sérieux.

Il apprit à chasser il apprit à tuer,

Et petit à petit il délaissa les jeux,

Perdit son insouciance et aussi sa gaîté.

Pourquoi se disait-il doit-on devenir grand ?

Pourquoi ne pas rester pour toujours un enfant ?

Quand on est tout petit on n’a pas de souci

Seuls le jeu et l’amour nous encombrent l’esprit.

Il était là pensif s’interrogeant sur tout,

Triste et désespéré ne sachant plus que faire

Quand une petite ourse s’approcha sans manière

Et s’assit près de lui pour glisser dans son cou :

Tu as l’air bien pensif et surtout bien soucieux,

Ne veux-tu pas jouer ou courir ou pêcher ?

Les grands à mon avis sont beaucoup trop sérieux

Et ont perdu l’envie de rire et s’amuser.

Je ne sais plus jouer, je n’ai plus goût à rien

Et pourtant je t’assure autrefois j’aimais bien

Oublies tes jeux d’enfants il y a d’autres jeux,

Et si tu le veux bien jouons-y tous les deux.

De quels jeux parles-tu je ne les connais pas ?

Tu n’es pas inventif sais-tu mon gros balourd,

Car moi j’en connais un et il s’appelle amour

Veux-tu le découvrir et jouer avec moi ?

Petit ours accepta sans se faire prier,

En suivant sa complice au fond de la forêt

Et se dit après coup que lorsque l’on grandit,

On trouve d’autres jeux très amusants aussi.

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jeudi 21 août 2008

Les amis

Les_amis

© 19 août 2008

Il est des amitiés qu’on a parfois connues

Qui dans le temps ont pris un peu de plomb dans l’aile

Mais pour ces amitiés qu’on a un jour perdues

On en a découvert beaucoup d’autres plus belles.

L’amitié selon moi ne doit jamais faillir

On doit accepter l’autre tel qu’il est sans jamais

Le juger le blâmer encore moins le trahir

Pas plus que l’on ne doit en rien le jalouser.

Rares sont les amis les vrais ceux qui sont là

Que tu sois riche ou pauvre triste ou joyeux luron

Qui te tiennent la main lorsque plus rien ne va

Au lieu de faire la belle vers d’autres horizons.

Ceux-là ne valent rien ne les regrette pas

Continue ton chemin d’autres tu trouveras

Ce qui compte avant tout c’est qu’au fond de ton cœur

Tu saches conserver ce que sont tes valeurs.

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dimanche 17 août 2008

Les loups

Les_loups

© 15 février 2006

Les oreilles dressées silhouette figée

Il est là attentif au moins bruit ambiant

Parfait dans sa beauté et le poil scintillant

Guettant quelque repas passant à sa portée.

Seule son haleine chaude qui fuit comme une aura

Trahit sans qu’il le sache un peu de sa présence.

Mais tout à coup la neige qui craque sous des pas,

Lui dit qu’il n’est plus seul dans son désert d’errance.

Son flair a reconnu la tendre et douce odeur

De sa louve amoureuse qui s’approche de lui.

Leurs deux têtes se frôlent à l’orée de la nuit,

Qui va les recouvrir de son manteau de fleurs.

Les étoiles viendront se poser une à une,

Sur leurs fourrures douces et soudain rapprochées

Alors ils marcheront ensemble au clair de lune,

Pour aller se blottir au creux de leur terrier.

Ils y retrouveront blottis et affamés

Les jeunes louveteaux, fruits de leur tendre amour

Et resteront cachés une partie du jour,

Pour fuir les fusils fous des chasseurs endiablés.

Au milieu de la nuit, il faudra ressortir,

Pour chercher le repas des petits et des grands,

Au péril de leur vie ils défieront le temps,

Parce qu’il leur faut choisir entre vivre et mourir.

Un jour c’est presque sûr l’un d’eux ne viendra pas

Au rendez-vous du soir sous la lune attendrie

Et l’autre devra seul le cœur triste et meurtri

Rentrer près des petits et survivre à tout ça.

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lundi 11 août 2008

Je veux lever mon verre

Jeveuxlevermonverre

Copyright 9 février 2006

Je veux lever mon verre à ce monde en folie

Pour qu’il s’apaise un peu et nous laisse un répit

Lever mon verre à ceux que l’on traîne au combat

Contre leur volonté et n’en reviennent pas.

Je veux lever mon verre aux amours du passé

Qui ont croisé ma route et au coeur m’ont laissé

Un album aux couleurs douces du souvenir

Que je peux feuilleter avant de m’endormir.

Je veux lever mon verre à tous mes vrais amis

Ceux qui ont su rester aux tournants de ma vie

Qui ont été sincères et non pas girouettes

Capables de rester au plus fort des tempêtes.

Je veux lever mon verre à ces merveilleux dons

Qui m’ont été donnés en cadeau de naissance

A ces mots que j’écris qui pleurent ou bien dansent

Et aussi à tout ce que je sais faire de bon.

Je veux lever mon verre à toi dame Nature

A ma planète bleue à toutes ses beautés

Aux océans aux fleurs éphémères ou qui durent

A la montagne qui sait si bien m’apaiser.

Je veux lever mon verre aux vagues aux océans

A tous les grands navires qui vont voiles dehors

A toi douce Bretagne mon beau berceau d’enfant

A toutes tes vallées tes rades et tes ports.

Enfin je veux lever mon verre à toi l’ami

Qui va venir bientôt et croisera ma route

Qui me tendra les bras pour que j’en fasse un nid

Où je reposerai en oubliant mes doutes.

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vendredi 1 août 2008

Le petit galet

Lepetitgalet

En cette période de vacances, voici un poème tout à fait de circonstances.

© 10 mars 2006

Trouvé sur une plage lors d'une promenade

Je l’ai d’abord saisi tout au creux de ma main

Pour en sentir l’ovale pour en toucher le grain

En respirer l’odeur de marée et de sable.

Il était chaud et lisse et je l’imaginais

Revenant de voyages où porté par les flots

Il avait découvert tant et tant de contrées

Et navigué heureux dans les plus belles eaux.

Je me plaisais à croire qu’il avait rencontré

Tous les marins du monde et tous ces beaux bateaux

Qui sillonnent les mers au gré des vents légers

Et laissent leur sillage aux surfaces des eaux.

Puis je l’ai reposé sur le lit de la plage

Pour ne pas amputer sa chère liberté,

Lui laissant le loisir de mille autres voyages

Ces voyages que font gros et petits galets.

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lundi 28 juillet 2008

Lorsque la mer est grise

Quand_la_mer_est_grise

Peinture réalisée par mon ami Yanperjos - http://zyeuter.com/Yanperjos

Copyright poème 26 juillet 2008

Lorsque la mer est grise et absent le soleil

Elle est belle pourtant apaisée ou fougueuse

Elle a mis pour un temps sa robe nuageuse

Pour mieux nous revenir parée de bleu pastel.

Lorsque la mer est grise et le ciel bas et lourd

Je pense à ces marins disparus dans les flots

Je pense à ces épaves qui furent fiers bateaux

Aux pleurs des femmes qui ont perdu leur amour.

Mais je sais que demain elle changera encore

Et perdra pour un temps son triste habit de plomb

Au-dessus de ses vagues les mouettes danseront

Jusqu’à ce que le ciel au soir se couvre d’or.

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mercredi 9 juillet 2008

La petite barque

Lapetitebarque

Merci à Sylvain Ceri de m'avoir prêté cette image qui convient très bien à mon poème.

© 5 mai 2006

Sur le bord de la plage une barque est posée

Invitant au voyage et à prendre les rames,

Peut-être que demain un homme et une femme

La prendront quelques heures pour aller naviguer.

Ils ne se diront rien mais se regarderont

Et sauront de concert savourer la nature

Le crépuscule tombant sera comme une armure

Qui les protègera d'un monde en dérision.

Et ils n'attacheront d'importance qu'à eux,

A l'ambiance sereine de cet instant béni.

Ils entendront un chant que seuls les amoureux

Perçoivent dans leur coeur tout d'amour envahi.

Ils seront là heureux tous seuls sur l'océan

Bercés au creux des vagues les yeux perdus au loin

La mer quoi que l'on fasse tout doucement vous prend

Vous envoûte et à vie dans ses grands bras vous tient.

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dimanche 6 juillet 2008

Le lion

Le_lion

© 4 Mai 1978

Dans la jungle assoupie où nul écho n'éveille

Attentif à tout bruit un lion est là couché.

Fauve majestueux à la fourrure dorée

Guettant sa proie du jour en feignant le sommeil.

Dès qu’un bruit jaillira dans les herbes brûlées

Il sortira de l’ombre et sans cesse à l’affût

Rampant tel un reptile il ira vers son but

Egorgeant sa victime avec un cri guerrier.

Repu ivre de tout allongé au soleil

Il dormira ensuite calme et inoffensif

Mais demain à nouveau sa faim piquée à vif

Il recommencera à traquer sans appel.

Au soir près de sa lionne détendu assoupi,

Il goûtera les joies des jeux de ses petits

Rien ne subsistera alors du carnassier

Et du cruel instinct qui le pousse à chasser.

C’est la loi de la jungle et honneur au plus fort,

Le faible sans recours est toujours le vaincu.

Le lion est roi de tous, on le craint, on l’honore

Et de toute la jungle il restera l’élu.

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samedi 5 juillet 2008

La vache triste

Lavachetriste

© 31 mars 2006

Qu’est-ce que je fais ici se dit-elle parfois ?

A quoi puis-je servir qui a besoin de moi ?

Les journées passent vite au rythme des saisons

Et moi je reste là à brouter mon gazon.

De temps à autre aussi je regarde passer

Les voitures et les trains charmante distraction

Puis les corbeaux qui volent au-dessus des maisons

Mais Dieu que je m’ennuie à ne faire que brouter.

Quand c’est l’heure de la traite on me rentre à l’étable

Et alors je ne vois plus rien qu’un grand mur lisse.

Parfois je suis flattée d’une claque amicale

Sur les fesses ou le dos mais je suis au supplice.

Je déprime à tout va je ne sais plus quoi faire,

Je voudrais moi aussi rien qu’une fois par jour,

Qu’on me voit qu’on m’écoute je voudrais aussi plaire

Et être câlinée et entourée d’amour.

Mais je suis condamnée à traîner dans les champs,

Et à brouter cette herbe à longueur de journée,

Parfois un peu d’alpage me change de contrée

Mais je reste quand même un pauvre ruminant.

Ah comme je voudrais que l’on joue avec moi,

Et qu’on brosse mon poil et qu’on lustre mon cuir

Qu’on ait pour les bovins le respect que l’on doit

A toute créature qui vit et qui respire.

Voilà j’ai exprimé le fond de ma tristesse,

Et j’espère maintenant qu’au détour des chemins

Quand vous me croiserez moi la vache en détresse

Vous aurez pour nous toutes un regard plus humain.

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vendredi 27 juin 2008

Inde magique

Indemagique

© 9 octobre 2006

Quand j’ai découvert l’Inde j’ai vu tant de beauté

Que mon cœur a vibré à ses ondes magiques.

Mais j’ai aussi perçu ce qu’elle a de tragique

En contraste j’ai vu sa grande pauvreté.

Entre les beaux palais vestiges d’un passé

Glorieux et inspiré de l’art le plus subtil

Et les pauvres vivant au fond des bidonvilles

Il y a un fossé qui m’a désespérée.

Quand la brume qui flotte sur les rives du Gange

Baignant Varanasi de sa lourde moiteur

Daigne se disperser pour montrer tes couleurs

Tu montres ta  lumière et ton charme est étrange.

Ta vie grouillante avance au rythme des sitars

Elle est exubérance et aussi traditions

On passe de l’odeur âcres des crémations

Aux doux parfums musqués venant de Malabar.

Ton grand fleuve sacré accueille en ses eaux troubles

Les ablutions du jour ou les eaux de vaisselle

Les lessives au savon et les déchets qui croulent

Tout semble se mêler en touches naturelles.

J’ai vu passer parfois en habits riches et blancs

Des gens de hautes castes alors que des mendiants

Quêtent pour obtenir un morceau à manger

Ta misère est si grande qu’elle voile ta beauté.

Mais malgré ces contrastes qui me touchent au cœur

Je sais que ma mémoire ne pourra effacer

Le souvenir vibrant que tu as su laisser

Par ta beauté qui va avec tant de douleur.

Posté par Sensorielle à 12:06 - Poésie - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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